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Conte

La Princesse sur les pois

Comment trois pois changèrent la destinée d'une jeune femme.

Il en advint réellement ainsi que la reine l’avait prédit. Bientôt après, par un soir d’orage, comme la pluie et le vent battaient les fenêtres, on frappa à la porte du château royal, les domestiques ouvrirent, et une jeune fille d’une beauté merveilleuse entra, demandant à être conduite immédiatement devant le roi.

Le roi fut étonné d’une visite à pareille heure, et s’informa d’où venait l’inconnue, qui elle était, ce qu’elle désirait ?

« Je viens d’un pays lointain, dit-elle ; je suis la fille d’un roi puissant. Lorsque votre lettre est parvenue avec le portrait de votre fils dans le royaume de mon père, j’ai senti naître en moi un grand amour pour ce prince et je suis partie avec l’intention de devenir sa femme.

— Voilà qui me paraît un peu étrange, repartit le roi, et vous n’avez nullement l’air d’une princesse. Depuis quand une princesse voyage-t-elle sans suite et vêtue d’aussi mauvaises robes ?

— La suite n’aurait fait que me retarder, reprit-elle ; quant à la couleur de mes robes, le soleil l’a pâlie et la pluie l’a effacée entièrement. Si vous ne croyez pas que je sois une princesse, envoyez une ambassade à mon père.

— C’est trop d’embarras, dit le roi ; une ambassade ne saurait voyager aussi vite que vous. Les gens doivent avoir le temps nécessaire, et il se passerait des années avant qu’ils fussent de retour. Si vous ne pouvez prouver autrement que vous êtes une vraie princesse, vous n’avez que faire ici et le mieux sera pour vous de retourner au plus vite dans votre pays.

— Laisse-la rester, dit alors la reine, je veux la mettre à l’épreuve, et je saurai avant peu si c’est une princesse véritable. »

La reine monta ensuite elle-même à la tour du château et fit préparer un lit superbe dans un magnifique appartement. Lorsqu’on eut apporté les matelas, elle y mit trois pois, l’un au pied du lit, un autre au milieu et le troisième au chevet ; puis on ajouta encore six matelas, puis les draps et les édredons. Quand tout fut prêt, elle conduisit la jeune fille dans cette chambre :

« Apres une si longue marche, vous devez être fatiguée, mon enfant, dit-elle ; dormez bien demain nous causerons plus amplement de tout cela. »

À peine faisait-il jour, que la reine monta à la tour où elle croyait la jeune fille plongée dans le plus profond sommeil ; mais celle-ci était tout éveillée.

« Comment avez-vous dormi, ma fille ? demanda la reine.

— Affreusement, répondit la princesse, je n’ai pas fermé les yeux de la nuit !

— Pourquoi donc, mon enfant ? Le lit n’était-il pas bien fait ?

— Jamais de la vie je n’ai couché dans un tel lit ; il était dur de la tête aux pieds, comme si j’avais été couchée sur des pois.

— Je vois bien, dit la reine, que vous êtes une vraie princesse. Je vais vous envoyer une toilette royale, des perles, des pierreries… Parez-vous comme une fiancée. Aujourd’hui même nous célébrerons le mariage qui doit vous unir à mon fils. »

Traduit par Félix Frank et E. Alsleben

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Lucile Sand 23.03.2017 - 14:18:22

Un beau classique, c'est marrant je l'appelais 'La princesse aux petits pois' :)

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